23Mai 130

Vélo électrique : L’ambition des vélos

L’amélioration des services au profit du vélo électrique.

L’aménagement des voies pour le vélo électrique.

Annick Lepetit avait déjà évoqué son souhait de voir la création d’une «piste Seine», qui était, à l'origine, une idée de Jean-Luc Marchal, premier monsieur vélo (janvier 2002 à décembre 2004). Aujourd’hui elle va plus loin en demandant la création d’axes cyclistes «stratégiques», du type nord-sud et est-ouest, aux conditions de circulation très améliorées. Ces axes forts devraient se trouver en connections avec les axes prioritaires régionaux et nationaux, et, sur ces deux axes, le site propre devrait être privilégié, et même la «voie verte». Il s’agirait d’un projet à l’échelle de la ville, propre à la transformer en profondeur.

L’exemple du traitement des rives de la Saône à Lyon ou du Drac à Grenoble pourraient servir d’inspiration, peut-être aussi les études déjà réalisées pour la transformation de la voie express rive gauche ? En tout cas ce maillage structurant présente un intérêt touristique comme urbain, et doit être complété par un maillage fin de type double-sens.

Pour Tr. Campardon, il ne saurait y avoir de politique qui soit uniquement dédiée aux vélos. La création de ces axes structurants sera bénéfique aussi aux piétons et aux patineurs, qui, s’ils ont disparu de la nomenclature des responsabilités, n’en sont pas moins très présents à Paris. Le vélo électrique fait partie d’un ensemble.

Les services : Il s’agit d’abord d’améliorer la qualité du service de vélos en libre-service, quant à leur disponibilité et leur entretien, notamment.

Le stationnement, agir de façon exemplaire là où c’est possible : La difficulté d’intervention dans le domaine privé a conduit à l’idée d’agir d’abord avec les opérateurs de l’habitat qui sont contrôlés par la municipalité. Une opération programmée d’amélioration de l’habitat (OPAH), avec l’ANAH, est envisagée. Elle serait centrée sur le thème du vélo, ce qui serait une première, et pourrait être subventionnée par l’ANAH, le conseil régional et l’Etat. Les bailleurs privés, par effet d’entraînement, pourraient suivre.

En ce qui concerne les gares, la question est complexe à cause du prix du foncier. Mais Tristan Campardon pense que des vélo-stations doivent voir le jour, ou, au moins, des consignes à vélos. Là encore on pourrait s’inspirer d’ailleurs : La région Rhône-Alpes finance 40 consignes collectives pour ses gares. On retiendra peut-être ma suggestion de créer des vélo-stations plutôt aux portes de Paris, entre banlieue et tramway et métro.

Sens interdits et couloirs de bus : Tristan Campardon n’est en poste que depuis un mois, mais il a déjà une vue ample des chantiers à ouvrir. Outre ceux qui viennent d’être évoqués, il y a d’abord la généralisation des double-sens cyclistes dans les zones 30. Les travaux commenceront à l’automne par 4 arrondissements, les 2, 11, 18 et 20°, en espérant que les réticences de la préfecture de police pourront être levées, en particulier sur la question des largeurs nécessaires. Heureusement la doctrine de la Ville est proche de celle du CERTU, ce qui lui donne du poids.

L’autorisation aux cyclistes de nouveaux couloirs de bus fait aussi partie des chantiers. Mais il faut alors les élargir, selon la Ville, et les retards pris font que nous ne devrions pas en voir avant 2010.

Un nouveau concept : l’autorisation de tourner à droite aux feux.

L’aménagement des voies pour faciliter la circulation du vélo électrique.

Paris est regardée et copiée. Elle se verrait bien expérimenter l’autorisation pour les cyclistes de tourner à droite aux feux. Une demande va être introduite, suite à un vœu des Verts au Conseil de Paris. Les rendez-vous sont pris, et on tâchera d’expérimenter quelque chose de neuf. Car l’expérimentation menée à Strasbourg et à Bordeaux a montré que la flèche jaune clignotante, même avec un petit vélo électrique, est source de confusion. Si les autorités nationales en sont d’accord, la préfecture de police pourra peut-être accepter, «à titre expérimental», quelques entorses aux règles. En faveur de quel dispositif, simple panneau, passage à droite, ou autre, …on ne le sait pas encore.

Code de la rue, bonnes pratiques et formation
Ce qui est plus sûr, c’est que plusieurs mesures en cours d’élaboration dans le cadre du code de la rue sont à l’étude et pourraient être mises en oeuvre sans trop tarder : l’interdiction de tout stationnement motorisé à 5 mètres de chaque carrefour, et l’installation systématique d’arceaux pour vélo électrique avant les passages piétons d’angle. La généralisation des sas aux feux. Le renforcement de la notion de stationnement dangereux, notamment sur les trottoirs…

Faire respecter les piétons (ce dont a été chargé son prédécesseur, Didier Couval) va dans le sens d’une ville plus humaine. Dans ce domaine, l’organisation des chantiers, qui souvent condamnent les trottoirs, est inacceptable, nous dit-il, en citant le cas de la restructuration en cours de l’hôpital Necker. C’est l’esprit «code de la rue» qu’il faut insuffler partout.

Tristan Campardon se dit aussi frappé par la mauvaise maîtrise du vélo qu’il voit dans les rues. La formation semble indispensable et fera aussi partie de ses préoccupations. Elle ne peut se faire, à son avis, que de façon conviviale. Des systèmes de parrainage, ou d’accompagnement individuel, sont évoqués. La communication aussi. Sinon ne seront concernées que les femmes… ce qui est le cas aujourd’hui.

Sincérité, écoute et coordination
Tout cela suffirait bien à l’occuper, n'est-ce pas ? Pourtant il ne se voit pas travailler dans sa tour d’ivoire, ni jouer aux secrets. S’il connaît encore imparfaitement la ville (la rive gauche lui est la moins étrangère...), il a déjà invité les tristan.jpgassociations à le rencontrer. Vélo 15 et 7 a inauguré la série, suivie de Vélorution, prévue pour ce vendredi 31 juillet. MDB, Réseau vert, Vélocité, CyclotransEurope n’ont pas encore répondu. Il entamera aussi, à la rentrée, une tournée des Sections territoriales de voirie. Et il a accepté volontiers, avec l’accord d’Annick Lepetit, de me faire part de ses premières impressions.

Il conçoit son rôle comme celui d’un animateur. Surtout dans une grosse machine comme la Ville de Paris, avec les «points durs» que sont la réglementation, la préfecture de police, l’Etat…

Enfin, Tristan Campardon me fait part de la qualité technique impressionnante de ses nouveaux collègues de la direction de la Voirie, du bon accueil qu’il reçoit, et de l’écoute dont il bénéficie. Mais il sait aussi que rien ne se fera vraiment sans la volonté politique et sans moyens. Celle-là semble présente, pour ceux-ci nul ne sait encore. Les temps seront peut-être durs, mais cela lui échappe.

Mais pour l'instant, vacances !

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