15Mai 130

Vélo électrique : Les Suisses en sont fous

Vélo électrique : l’avenir de la suisse

Vélo électrique : un dopant pour le marché cycliste en suisse

Le vélo n'est plus l'apanage des étudiants fauchés ou des militants écologistes. Cravate et cheveux au vent, les cadres sont de plus en plus nombreux à se rendre au travail en pédalant. Ils ont compris les innombrables avantages de ce mode de déplacement, qui conjugue rapidité, santé et budget léger.

«Les Suisses romands se trouvent dans une dynamique de rattrapage par rapport aux Alémaniques, observe Delphine Klopfenstein, coordinatrice de l'association des cyclistes suisses Pro Vélo à Genève. C'est une tendance de fond. En deux ans, nous avons constaté une hausse de 30% des cyclistes à Genève, et de 70% à Lausanne.»

Fous de vélo, les Romands? Leur participation massive à l'événement «A vélo au boulot», organisé par Pro Vélo en juin, le prouve. Cette manifestation, qui invite les employés à se rendre au travail en deux-roues pendant un mois, a rassemblé plus de 4'600 participants francophones, soit une augmentation de 40% par rapport à l'édition précédente.

Quant aux succès des slowUp, ces rassemblements de mobilité douce réunissant des dizaines de milliers de cyclistes, il n'arrête pas de croître de ce côté de la Sarine. «Nous avons été très surpris par cet engouement en Suisse romande. Proportionnellement, les Romands sont plus nombreux que les Alémaniques à y participer», souligne Daniel Leupi, l'un des directeurs de la manifestation.

La technologie du vélo électrique vient par ailleurs doper considérablement le phénomène. L'an dernier, près de 6'000 exemplaires ont trouvé preneurs en Suisse, contre 3'200 en 2006. Et les spécialistes prédisent un nouveau doublement des ventes pour cette année!

L'engin cumule les atouts du vélo tout en ménageant son pilote: grâce au pédalage assisté, l'effort équivaut à celui de la marche. Cela séduit les derniers réfractaires qui n'apprécient pas l'intensité de l'effort physique quotidien (en particulier dans les villes en pente comme Lausanne) et qui ne peuvent pas se permettre d'arriver en sueur au travail.

L'usage de la bicyclette cumule tous les avantages. Tout d'abord l'aspect pratique: «Le vélo constitue le moyen de déplacement le plus rapide sur des distances de moins de trois kilomètres dans un milieu urbain dense», explique Giuseppe Pini, directeur de l'observatoire de la mobilité à l'université de Genève.

Vélo électrique : Bon pour la santé

Le vélo électrique est également préféré pour ses effets sur la santé

En outre, pédaler quotidiennement permet de garder la forme et de lutter contre l'excès pondéral. «Le vélo, pratiqué à intensité modérée et de manière régulière (environ 30 minutes par jour) augmente la dépense énergétique journalière et lutte ainsi contre les problèmes liés à la prise de masse corporelle et à la sédentarité.

Par rapport à la course à pied, il a l'avantage de ménager les articulations», précise Davide Malatesta, maître d'enseignement et de recherche à l'institut des sciences du sport de l'Université de Lausanne.

En matière d'aménagement du territoire également, le deux-roues apparaît comme un moyen efficace pour régler de nombreux problèmes, à commencer par la surcharge de trafic automobile qui paralyse et pollue les agglomérations aux heures de pointe.

Dans une ville comme Genève, le trafic motorisé est responsable de plus de 40% des émissions de CO2 et de 45% des oxydes d'azote, qui provoque allergies et asthme. Quant au bruit routier, il représente une nuisance pour presque la moitié des citadins, selon un sondage effectué par le Département du territoire du canton de Genève.

Pour finir, c'est la conjoncture économique mondiale qui, avec la hausse du prix des carburants, influe sur les choix de mobilité des individus et favorise l'usage du vélo sur les courtes distances. En prime, la bicyclette optimise l'espace urbain car elle n'encombre pas les rues et nécessite très peu de place pour le stationnement.

Rapidité, santé, silence et propreté, le vélo cumule les points forts. Mais malgré une progression fulgurante, son potentiel reste sous-exploité en Suisse romande: les Bâlois sont 20% à l'utiliser pour leurs déplacements quotidiens, contre moins de 10% des Romands. De ce côté de la Sarine, l'absence criante de parkings sécurisés, notamment aux abords des gares agit comme un frein à cette dynamique.

«Les individus ont des comportements de mobilité rationnels, analyse Giuseppe Pini. Ils ne modifieront leurs habitudes que s'ils y voient un avantage. Il faut donc les convaincre que le vélo est le moyen de transport le plus efficace sur de courtes distances, et qu'il est agréable de surcroît.»

C'est ce que les délégués vélos cantonaux tentent de faire en éditant des cartes, en donnant des cours pour la sécurité, ainsi qu'en subventionnant l'achat d'une bécane. Certaines entreprises commencent également à promouvoir le vélo parmi leurs collaborateurs, telles Bobst à Lausanne et Merck Serono à Genève: parkings couverts et sécurisés, vestiaires, douches, voire réduction sur l'achat, tout est fait pour encourager le cyclisme.

Si ces initiatives restent encore isolées en Suisse romande, elles n'en démontrent pas moins une nouvelle prise de conscience des bénéfices de la mobilité sur deux roues. «Au début des années 2000, les autorités ne nous prenaient pas au sérieux, ou au mieux pour un club de sportifs. Mais leur attitude à notre égard s'est radicalement modifiée, se réjouit Florence Germond, présidente de Pro Vélo à Lausanne. Lors du chantier du M2, nous avons réussi à imposer l'aménagement de parkings vélos à chaque station.»
GENEVIEVE RUIZ

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